L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) est un évènement brusque lié à une anomalie de la circulation sanguine qui alimente le cerveau. Les tissus cérébraux sont rapidement en danger. Lors de la privation d’oxygène environ 2 millions de neurones meurent chaque minute : l’état d’urgence vitale est engagé. En 2025, on estime qu’un tel accident arrive toute les 4 minutes et constitue la première cause de handicap acquis à l’âge adulte. Les chiffres indiquent plutôt un accident chez les personnes d’un âge moyen de 74 ans. Néanmoins, 25% des personnes touchées ont moins de 65 ans et 10% ont moins de 45 ans. Au fil du temps, l’AVC survient légèrement plus tard mais de plus en plus arrivent à un âge plus jeune. L’impact du mode de vie n’est pas pour rien dans cette évolution.
Un AVC c'est quoi ?
L’AVC ischémique est le plus fréquent, il représente 80% des cas aujourd’hui. Il résulte de l’occlusion d’une artère cérébrale suite à un caillot nommé le thrombus. Pour faire simple, le vaisseau se bouche de manière partielle ou totale, le flux sanguin est diminué et va alors moins irriguer les différentes zones du cerveau. Le cerveau étant le chef d’orchestre du corps humain, des répercussions sont inévitables.
Une ischémie peut être la conséquence de trouble du rythme cardiaque, d’un détachement de plaque d’athérome (= plaque de tissus gras collé aux parois des vaisseaux), d’une dissection des artères ou d’une tout autre maladie.
L’AVC hémorragique quant à lui est moins fréquent, mais surement plus dévastateur. Il est quant à lui, non pas lié à une obstruction mais à une rupture d’une artère. Dans ce cas, le sang est libéré dans la boite crânienne et va se répandre : d’où le terme d’AVC hémorragique. Ces saignements peuvent survenir de manière spontanée, suite à un traumatisme ou à une malformation ou une tumeur.
Les symptômes qui peuvent indiquer la survenue d’un AVC sont les suivants :
- Faiblesse ou paralysie brutale : hémiplégie (coté inverse du cerveau touché)
- Perte de sensibilité ou engourdissement membres ou visage
- Déviation de la bouche
- Aphasie
- Perte visuelle : cécité unilatérale, hémianopsie (moitié du champ de vision) ou diplopie (vue double)
- Troubles de l’équilibre
- Chute, vertiges, perte de coordination
- Confusion brutale
- Perte de conscience
- Céphalées brutales et intenses
- Vomissements
- Crise d’épilepsie inaugurale
Reconnaître l'AVC
Si vous pensez qu’une personne est en train de faire un AVC, vous pouvez utiliser la méthode F.A.S.T :
- FACE: demandez à la personne de sourire, si une partie du visage est de travers alors c’est un signe d’AVC.
- ARM: demandez de tendre les deux bras vers l’avant et vérifier si elle lève bien les deux bras en même temps et à la même hauteur.
- SPEECH: écoutez si la personne parle de manière confuse ou à des difficultés à vous comprendre.
- TIME: appelez les secours dès que possible.
La réaction à avoir est simple : appeler le 15, plus rapide la prise en charge est, moins les troubles associés resteront ensuite. Il est très important de ne pas se fier à une régression des symptômes. En effet, l’Accident Ischémique Transitoire (AIT) est temporaire, mais n’en reste pas moins grave. Généralement, il n’y a pas de séquelles dans ce type d’accident. En revanche, dans 5% des cas un AVC survient dans les 48 heures suivantes et dans 10% dans le mois suivant. Il est nécessaire de consulter un médecin très rapidement !
Quelles conséquences sur la vie après un AVC ?
Les troubles associés sont divers et variées :
- Aphasie: trouble du langage oral et écrit, affectant l’expression et la compréhension
- Hémiplégie: le contrôle du bras et de la main est très complexe à récupérer alors qu’une aide technique suffit souvent pour permettre aux patients d’être autonome dans les déplacements
- Troubles de la marche, de la coordination et de l’équilibre
- Crises d’épilepsie: cicatrice cérébrale
- Fatigue, troubles de la concentration, anxiété, irritabilité, dépression (30% des cas l’année qui suit l’accident)
- Augmentation du risque de déclin cognitif: multiplication par 5 de développer une démence
Dans certains cas, l’AVC entraîne un syndrome cérébelleux. C’est le résultat d’un AVC qui se produit dans le cervelet donc à la base du crâne. Moins de 2% des AVC se produisent dans cette partie-là. Le cervelet permet le contrôle et la coordination des mouvements volontaires, l’équilibre et la posture, l’apprentissage moteur et les aspects de langage.
Les séquelles sont également différentes :
- Ataxie cérébrale aigüe: perte de contrôle dans les mouvements volontaires
- Perte de coordination et d’équilibre: provenant de l’ataxie
- Vertiges
- Nausées et vomissements: liées aux vertiges
- Troubles du langage et des fonctions exécutives et visuospatiales
- Troubles de la mémoire: pas d’effacement mais difficultés à retenir les informations
- Troubles de la proprioception
- Troubles de la parole : aphasie ou apraxie de la parole
Les répercussions de ce type d’incident dépendent de la zone du cerveau impactée. Nous avons souvent l’image d’une personne paralysée, marchant avec une canne et un bras ballant. Malheureusement, le taux de français vivant avec un handicap invisible suite à un accident vasculaire est bel et bien présent et souvent bien trop mis de côté.
De manière générale, 15 à 20% des patients récupèreront de manière totale contre 20 à 40% qui garderont des séquelles légères à modérées. Pour le reste des personnes touchées, elles garderont des séquelles relativement lourdes.
Prévenir l'AVC en gérant l'anxiété
Le stress affecte de manière considérable le système circulatoire. Lors d’un état anxieux, le corps réagit : il augmente sa production de cortisol. Le cortisol est hormone qui permet de retenir l’eau, le sodium et le sucre. Lorsqu’elle est produite, le corps est donc en hyperglycémie et en HTA (hypertension artérielle), deux facteurs favorisant le diabète. Dans 77% des cas, les personnes ayant fait un AVC sont hypertendues.
Le stress est également impliqué dans un mode de vie fatiguant, il provoque des troubles digestifs, des changements dans la libido, des maux de têtes et bien sûr un sommeil déréglé. De ce fait, le stress entraîne un cercle vicieux sur d’autres problématiques de santé.
Afin de gérer le stress de manière chronique, l’activité physique régulière et une des premières choses à mettre en place. Une activité physique bien encadrée et régulière à base d’exercices cardiorespiratoires, de renforcement musculaire, de respirations et de techniques de relaxation va permettre d’améliorer la qualité de vie de manière générale. Il faut également faire attention à la consommation de caféine.
Quelle prise en charge des post AVC chez Eden Concept ?
L’un des principaux impacts des suites d’AVC que nous remontent les adhérents d’Eden Concept touchés est la fatigabilité : l’énergie dont ils disposent au réveil est très variable d’un jour à l’autre.
Cet aspect est essentiel à prendre en compte, car sans énergie, les activités de la vie quotidienne deviennent plus difficiles : le travail, les déplacements, mais aussi des gestes simples comme manger ou effectuer les tâches domestiques. Chaque matin, tout peut être remis en question.
Cette situation engendre naturellement une anxiété constante, à laquelle s’ajoute souvent l’incompréhension de l’entourage. Le handicap n’étant pas visible, certaines personnes peinent à comprendre la réalité vécue. De plus, les environnements bruyants ou très lumineux demandent des efforts de concentration supplémentaires.
En somme, tous ces facteurs, invisibles aux yeux de beaucoup mais bien réels pour ceux qui les vivent, contribuent à accentuer l’anxiété au quotidien.
Un tel accident n’est pas anodin. Il résulte de facteurs de risques précurseurs et d’un mode de vie anxiogène. L’activité physique régulière est l’un des leviers principaux dans ce type de pathologie. Chez Eden Concept, nous avons à cœur de vous accompagner dans ce projet. Cours collectifs, Pilates, étirements, réadaptation à l’effort ou rééducation à la marche sur tapis anti gravitationnel sont une liste non exhaustive des activités mises en place sur nos centres. Notre objectif est de vous accompagner au mieux dans une pratique physique régulière mais surtout sécuritaire et adaptée à vos besoins.
Article rédigé par Clara Vassal, Enseignante en Activité Physique Adaptée à Eden Concept Gerland.