Sédentarité au travail et TMS : comment intégrer l’activité physique en entreprise ?

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Dans le monde du travail, le mouvement cherche encore sa place

« Ensemble, nous allons faire du sport un réflexe de santé pour chaque Français. »

Marie Barsacq, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, 2025

Dans les faits, ce reflexe est encore bien loin d’être automatique.

Nous savons que le corps à besoin de mouvement pourtant prendre une pause pour bouger donne parfois l’impression d’abandonner son poste. Comme le dit un des participants lors d’un entretien réalisé dans le cadre d’un diagnostic professionnel : « Entre savoir et faire… il y a une différence ».

Les pauses café ou cigarette sont devenues des rituels admis dans de nombreux milieu professionnels. Alors pourquoi une courte pause pour marcher ou mobiliser son corps paraît-elle encore si difficile à accepter, malgré ses bénéfices pour la santé ?

Entre immobilité et gestes répétés

Pendant ce temps, les fameux troubles musculo squelettiques, aussi connu sous l’acronyme TMS, poursuivent leur carrière. Douleurs au dos, à la nuque, aux épaules, aux poignets ou encore aux genoux : ils représentent aujourd’hui près de neuf maladies professionnelles reconnues sur dix en France, selon l’INRS.

La sédentarité, quant à elle, n’est pas en elle-même une maladie professionnelle : c’est un comportement à risque. Elle est caractérisé par de longues périodes assises ou allongées avec une faible dépense énergétique. Eh oui, on peut respecter sa séance de sport du dimanche tout en restant beaucoup trop sédentaire le reste de la semaine : l’activité physique ne compense pas toujours les effets d’une immobilité prolongée, rappelle la Stratégie Nationale Sport Santé 2025-2030.

Des études révélatrices sur les effets de la sédentarité sur le long terme

Une enquête exploratoire menée auprès de 99 personnes montre que 80 répondants déclarent avoir déjà ressenti des douleurs ou gênes liées à leur activité professionnelle, dont 44 régulièrement. 25 indiquent avoir déjà dû s’arrêter de travailler en raison de douleurs musculaires ou articulaires. Ces résultats ne constituent pas une estimation nationale mais ils permettent déjà de prendre la température.

De plus, 61 répondants sur 99 évaluent la prévention des TMS dans leur environnement à seulement 1 ou 2 sur 5. Surtout, 53 se disent prêts à participer à une action de prévention en entreprise et 39 répondent « peut-être ». Soit 92 personnes ouvertes, au moins en principe, à une intervention.

Une réponse libre résume bien le sentiment général : « J’ai l’impression que ça fait bien d’en parler mais on ne solutionne pas vraiment le problème. »

L’affiche « Pensez à vous tenir droit » perdues au milieu des autres dans la salle de pause a donc assez vécue.

L'APA comme solution durable

Le constat est posé, reste à agir sans alourdir le quotidien.

L’activité physique adaptée, ou APA, ne consiste pas à imposer vingt burpees à toute l’équipe comptable à 8h02. Elle propose une pratique progressive, individualisée et encadrée en fonction des besoins, des capacités, des douleurs et des contraintes professionnelles.

Attention à ne pas faire d’amalgame : passer sa journée à porter, pousser, tirer ou répéter les mêmes gestes ne transforme pas automatiquement le travail en séance de sport. L’activité physique professionnelle est souvent imposée par le poste, répétitive et réalisée avec peu de récupération. Elle peut donc fatiguer, voire abîmer le corps, bien plus qu’elle ne l’entraîne. Autrement dit, bouger beaucoup ne signifie pas toujours bouger bien.

Pas de panique, les recherches récentes sont encourageantes. Une revue systématique de 24 études conclut que des exercices, notamment de renforcement, peuvent prévenir ou réduire certaines douleurs cervicales, des épaules et des membres supérieurs. De quoi confirmer l’intérêt de la démarche, à condition de lui donner un cadre concret.

Le mouvement ne se décrète pas, il s’organise

La Stratégie nationale sport-santé 2025-2030 consacre un objectif entier au monde du travail : « Sensibiliser les acteurs et développer l’activité physique dans le monde professionnel ». Elle estime que plus de 20 % des adultes passent plus de sept heures par jour assis et veut atteindre les 10,6 millions de salariés qui ne respectent pas les recommandations d’activité physique. Elle ne parle donc pas simplement d’offrir un abonnement sportif à Noël, elle invite à revoir ses habitudes et à inscrire le mouvement dans la vie professionnelle elle-même : pauses actives, marche, offre adaptée sur place ou à proximité, accompagnement…

Comme l’a résumé le ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux Soins Yannick Neuder : « Bouger, c’est se protéger, c’est se soigner, c’est vivre mieux. » La formule est efficace. Encore faut-il qu’elle dépasse le cadre des discours et trouve une application concrète.

Cette ambition politique ne part pas de zéro : la prévention relève déjà des obligations de l’employeur : « L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. » L’article L. 4121-2 demande en outre d’adapter le travail à l’être humain et de combattre les risques à la source.

Respecter ces obligations ne suppose donc pas d’installer une salle de sport, la loi demande avant tout de prévenir les risques professionnels et d’agir sur leurs causes. L’activité physique adaptée peut faire partie des réponses lorsqu’elle s’inscrit dans une politique cohérente, fondée sur l’analyse du travail et construite avec les salariés, le service de prévention et de santé au travail, les ergonomes et les professionnels de l’APA.

Concrètement, dans les activités sédentaires, cette prévention peut commencer par une mesure simple. L’Anses recommande d’interrompre les périodes prolongées en position assise au moins toutes les 90 à 120 minutes par trois à cinq minutes de marche et de mobilisation musculaire. Ces pauses doivent pouvoir être prises réellement, sans que le salarié ait l’impression de frauder l’entreprise en dépliant les genoux.

Quand l’APA s’adapte aux réalités du terrain

Pour faciliter le passage à la pratique, les Enseignants en Activité Physique Adaptés (EAPA) d’Eden Concept peuvent intervenir directement dans les locaux : pas de trajet supplémentaire, moins de temps perdu et des créneaux qui peuvent s’intégrer plus facilement à la journée de travail. Avant la première séance, les différents postes, les horaires et les contraintes sont identifiés avec l’employeur. L’accompagnement est ensuite ajusté au cas par cas : salarié assis devant un écran, une personne qui manutentionne des charges et quelqu’un qui travaille debout peuvent participer à une même démarche sans recevoir un programme photocopié en trois exemplaires.

Cette adaptation repose sur le travail des EAPA, leur rôle ne se limite pas à montrer quelques étirements entre deux réunions : ils évaluent les capacités, prennent en compte les douleurs, les éventuelles pathologies et les contraintes du poste, puis font évoluer et adaptent les exercices au fil du séances.

Découvrez Eden Concept

Dans les centres Eden Concept, la technologie complète cette individualisation. Les machines de renforcement à résistance pneumatique permettent de régler précisément la charge, tandis que le tapis AlterG permet de diminuer une partie du poids du corps ce qui facilite la marche ou la reprise d’activité en cas de problèmes articulaires ou de mobilité réduite. Les bilans et outils d’analyse servent également à suivre l’évolution et à ajuster les séances. La technologie ne bouge pas à la place de la personne (dommage pour les adeptes du moindre effort) mais elle aide à mieux guider le travail et à sécuriser la pratique.

Les créneaux de cours collectifs apportent une autre façon de bouger, ils permettent de travailler, que ça soit la mobilité, le renforcement, le contrôle postural ou encore les étirements tout en conservant de l’individualisation même au sein du groupe. Ce rendez-vous régulier aide à installer une habitude, à garder de la motivation et même à créer du lien. Un lien qui peut d’ailleurs se prolonger autour d’un café après la séance, histoire de ne pas trop bouleverser les traditions du bureau.

 

Il n’existe donc pas une seule bonne manière de prévenir les risques professionnels : l’essentiel est de proposer des solutions adaptées et suffisamment souples pour perdurer au-delà de la première séance.

 

Car si l’entreprise emploie des compétences, elle emploie aussi des corps et quand on néglige les corps, les compétences finissent elles aussi par en prendre un coup.

 

Article rédigé par Lou Meurice, Alternante au sein d’Eden Concept Sainte-Foy et Gerland en tant qu’Enseignante en Activité Physique Adaptée